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VIDEO RAPT DE DANIEL MEUNIER

VIDÉO RAPT

DE DANIEL MEUNIER

(c) Daniel Meunier

 

Auguste Sauvage était né soixante années plus tôt. Une petite ville du sud est l'avait vu naître et grandir. De l'ancienneté de cette ville il aimait les escaliers aux marches inégales, les remparts et les tours du château fort.

Bien souvent, le dimanche, avec sa femme et son chien, il gravissait les montées abruptes qui conduisaient au spectacle de la vieille demeure. Il chahutait passant d'une tour octogonale à une tour ronde privée d'escalier, et au risque de se rompre le cou, escaladait l'édifice faisant preuve de courage et de témérité non contrôlés.

Mais ses pas l'amenaient, aussi, en compagnie de son fidèle ami, le golden retriever, le long des coudes de la Saône. Fleuve majestueux, autrefois visité par Jules César.

Auguste s'asseyait à l'ombre d'un arbre, l'animal couché à ses pieds, et rêvassait regardant l'eau glisser sous la quille des péniches qui remontaient le cours d'eau, emmenant leur cargaison à destination.

Tous les lundis d'été, l'admiration le poussait sur le chemin de halage, pour venir contempler "Le paquebot" la Princesse de Provence, qui venait libérer son flot de touristes en mal de dépaysement, avides de découvertes, sillonnant les rues étroites de l'antique capitale des Dombes.

Auguste rêvait de prendre ce bateau. Il imaginait des plages désertes et des cocotiers à perte de vue. Les vagues venant lécher ses pieds... Protégé par un large chapeau de paille et d'une fine chemisette, contre l'ardent rayonnement du soleil.

Il rêvait, aujourd'hui, plus que d'habitude. Mélancolique et distrait, le front bas, l’œil plissé d'une certaine amertume. Brisant le chien, n'était pas avec lui.

Auguste humait l'air de la Saône, pas à pas avançant sur la berge. La Princesse était amarrée, mais il ne la voyait pas. Le brouillard n'enveloppait pas que le feluve, il s'était posé insidieusement dans sa tête ; un brouillard dense et opaque qu'un soleil de joie ne parvenait pas à dissiper.

- Monsieur Sauvage Auguste, nous sommes fiers mes collaborateurs et moi-même, ainsi que tous vos collègues de travail d'avoir la joie de vous remettre cette médaille qui symbolise vos quarante années de labeur entre nos murs.

Quarante années de bons et loyaux services dans notre entreprise. Une vie passée à teindre des kilomètres et des kilomètres de tissus. J'ai fait un compte : si pendant toutes ces années nous avions mis bout à bout chaque morceau de toile, nous aurions pu faire plusieurs fois le tour de la terre.

à suivre

 

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